Mercredi, je me suis rendu pour la journée à Châlon sur Saône.
On y enterrait le père d'un homme dont je suis cousin mais que je ne connaissais que par mail. On s'est retrouvés il y a peu, grâce à mes propres recherches généalogiques. Il souhaitait depuis
longtemps qu'on se rencontre, cette circonstance malheureuse m'a finalement décidé.
Je dois dire que je tiens de mon père un goût très "modéré" pour les réunions de famille... Oui, je sais, ça peut te paraître horrible, mais quand on a été enlevé dans cette ambiance, c'est tout
naturel.
Sur un tout autre plan, mais pour la même raison, je n'ai aucun rapport avec la religion. (Ca y est, tu te dis qu'on va encore diverger "grave"...) Il m'a d'ailleurs été impossible de trouver un
mot qui caractérise ma position par rapport à ça. Je ne suis ni athée, ni agnostique puisque je ne crois pas, mais je ne nie pas non plus. Les mystères de la création, la raison de notre présence
sur cette planète, la mort, toutes ces choses pour lesquelles il (dieu) semble avoir été créé pour apporter les réponses, rien de tout cela ne me tracasse, j'attends patiemment les explications de
la science, et ça ne me gène pas de mourir avant de savoir. Je n'ai aucun besoin de dieu dans ma vie, et un peu troublé par un couple de chrétiens de nos amis qui se demandaient comment je pouvais
vivre sans croire en dieu, j'ai parfois désespérement mais vainement cherché à quoi la religion pourrait bien me servir ...
J'ai peu d'imagination, pas vrai ?
Mais revenons à nos moutons.
Mes ancêtres paternels étaient originaires de Bourgogne. Ce n'était pas la première fois de ma vie que j'y mettais les pieds, mais au moins, cette fois, je vais m'en souvenir.
J'ai découvert avec plaisir trois des villages ou sont nées les cinq générations d'ouvriers agricoles dont je suis issu.
Mes recherches généalogiques ayant démarré avec la prise conscience que j'ignorais tout de l'histoire d'un quart de mes ancêtres.
Dans ma jeunesse, mon père et ma grand-mère ne me parlaient que de nos ascendants maternels. Mon grand-père, lui ne parlait pas, se contentant de quelques mimiques, prenant des airs "entendus"
parfaitement indéchiffrables.
Ma grand-mère, maitresse-femme, s'était fâchée sans raisons avec toute la famille de son mari, il était donc pratiquement interdit d'évoquer "ces gens là". Sujet tabou, à tel point que le
grand-père, gendarme, n'a pu voir sa mère et sa soeur qu'à l'occasion de ses déplacements professionnels et qu'il se gardait bien d'en parler à sa femme. Quand à moi, j'ai donc vécu dans
l'ignorance totale de mon arrière-grand mère qui est morte en 1964, alors que j'avais dix ans, de la soeur de mon grand-père et de toute sa descendance. Voila qui est réparé, comme un pied de nez à
la méchanceté inutile de "mémé Paris".
Ce voyage et cette rencontre ont donc réactivé chez moi la fièvre des recherches généalogiques. J'ai ressorti tous les documents que j'avais glanés il y a une dizaine d'années, les relisant pour y
trouver des détails, des indices qui m'auraient échappés la première fois. Pour l'instant, rien de bien probant.
Je retournerai donc dans la région, à l'occasion des vacances, pour visiter cimetières, registres paroissiaux et services de l'Etat civil.
Je me demande si nos ancêtres imaginaient qu'un jour, leurs lointains descendants feraient des recherches pour retrouver une (maigre) partie de leur histoire personnelle.
Mon arrière grand-mère était porteuse d'un très lourd secret qui nous a été révélé une quarantaine d'années après sa mort. Je suis persuadé qu'elle était seule à le porter. J'en veux pour preuve,
sur les rares photos d'elle, ce regard terrible qu'elle pose sur le photographe ou l'objectif. J'interprète évidemment à la lumière de ce que je sais. Et je me pose des tas de questions. Comment
a-t-elle fait pour vivre si longtemps avec son secret. Au moment de sa mort, ii elle en a eu conscience, a-t-elle ressenti le soulagement de la délivrance "maintenant le secret part avec moi" ? ou
a-t-elle ressenti de l'angoisse à l'idée que personne jamais ne saurait ?
Une banale recherche généalogique ne nous met pas à l'abri de trés désagréables découvertes, et je suis désormais très conscient de ne pas encore avoir "tout vu", comme on dit.
Je suis très impressionné par la révélation d'un secret dont on aurait pu dire pendant quarante ans que mon arrière-grand-mère l'avait emporté dans sa tombe.
Derniers Commentaires